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Littérature : Plectrudes dans le « Robert des noms propre »

vendredi 11 janvier 2019

Mon livre de chevet
Plectrudes dans le « Robert des noms propre »
Quand la fatalité organise des cours de rattrapage
Que pensez-vous de passer vos soirées de weekend cette semaine à déguster un livre à la fois divertissant et éducatif ? Si l’idée vous enchante alors vous feriez mieux de lire ce livre Robert des noms propres, onzième roman de l’écrivain belge Amélie Nothomb, parut en 2002. Mélange d’humour et de sérieux, Robert des noms propres vous plonge dans l’univers d’une jeune danseuse nommée Plectrude doit faire face aux entourloupes d’un destin émaillé de fatalité. Une situation que les attentions de sa famille adoptive n’ont pas réussi à éffacer.
Lucette est à dix-neuf ans, enceinte et mariée à Fabian. Au cours de sa grossesse elle semble perdre la raison et est sûre que son époux constitue un danger pour l’enfant. Pour soi-disant sauver son bébé, elle tue son époux et va en prison. Elle y donne naissance à un magnifique bébé, une fille qu’elle décide de nommer Plectrude. Lucette consciente qu’elle ne pourra assurer l’avenir de cet enfant se pend dans sa cellule. Plectrude est confiée à sa tante Clémence et Denis son époux. Ils tombent en pamoison devant la beauté et extraordinaire de la petite. Clémence l’adore et lui porte toute son attention. Dès son plus jeune âge, Plectrude adore danser elle ne se lasse de ses cours de danses qu’elle aime vraiment. Quand vint le moment d’entrer en maternelle, elle connait toutes les difficultés. Elle ne s’y plait guère et l’école constitue pour elle un véritable calvaire. Pour s’en échapper, Plectrude intègre l’école des rats de l’opéra de Paris. Elle a son rêve à portée de main. Elle deviendra sans doute danseuse étoile mais c’est sans compter la fatalité qui d’un revers de situation bascule à tout jamais l’univers des êtres humains.
La fatalité
L’homme a beau faire des projets, rêvé d’un bel avenir mais certaines choses ne dépendent pas de lui. C’est justement ce que nous enseigne ce roman d’Amélie Nothomb. Plectrude est venu au monde dans des conditions bien mystérieuses et sa mère l’a ainsi affublée d’un prénom assez ridicule afin qu’elle ait l’infini à sa portée.
Pari tenu car Plectrude est une virtuose de la danse. Déjà à quatre ans son professeur de danse s’exclama « Cette petite a des yeux de danseuse »p 40. Et lorsqu’on lui demanda ce qu’elle voulait comme cadeau pour ces cinq ans elle demanda des chaussons de ballerines comme pour signifier à ses parents ce qu’elle rêvait de devenir. Cette passion emporta tant la jeune fille qu’elle se mit à haïr l’école et sa seule consolation résidait dans la danse. A quatorze elle finit par intégrer l’école des rats de l’opéra de Paris afin de devenir. Contrainte à se conformer aux exigences de sa nouvelle école, la jeune fille se laisse mourir de faim et s’épuise à l’entrainement. Elle finit par se fracturer les os de la jambe.
« Mademoiselle, vous ne pourrez plus jamais danser » lui annonça le médecin à la page 136. À cet instant la jeune fille sentit son monde s’écrouler autour d’elle et son cœur s’arrêta.
Combien de rêve ne se sont pas vus ainsi briser. On a beau faire des projets on ne peut s’assurer totalement de leur réalisation car ils subissent l’influence de divers facteurs qui ne dépendent pas forcément de nous. C’est le cas de Plectrude. A peine a-t-elle fermé pour rêver que son rêve s’était déjà achever. Quinze et sa vie était finie. Cet échec lui a valu l’indifférence de Clémence sa tante qui a fini par lui révéler qu’elle n’était pas sa mère. Instruite du destin tragique de sa Mère, Plectrude essayera de marcher sur ses traces mais n’aura guère le courage de tuer le père de son enfant.
Nothomb n’est pas la première à aborder le thème de la fatalité. Dans Le comte de Monté Cristo d’Alexandre Dumas, Dantès est heureux car il sait qu’il épousera la belle Mercédès et sera promu capitaine chez l’armateur Morel. Cependant son rêve se voit engloutie dans l’oubli lorsqu’il est victime d’un terrible complot. Il passe’ ainsi quatorze ans dans les geôles du château d’If. Dantès pensait avoir sa vie toute tracée mais l’inéluctabilité de son destin le rattrapa bientôt.
Okonkwo dans le monde s’effondre de Chinua Achebe voit également sa vie péricliter alors qu’il était dur le point de devenir l’un des personnages les plus importants de son clan. Et que dire donc de Wangri dans L’étrange destin de Wangrin d’Amadou Hampâté Bâ ? D’un homme riche et fortuné il est passé à l’état de vagabond et d’ivrogne. L’homme a donc beau dire qu’il est maître de son destin mais les choses arrivent et il ne les contrôle guère.
L’amour maternel
Clémence n’est pas la véritable mère de Plectrude mais elle l’idolâtre et chaque action de la petite représente à ses yeux un exploit. Lorsque Plectrude se fait renvoyée de l’école maternelle clémence était tellement fière comme le témoigne ce passage. « Clémence, folle de fierté annonça aux gens que sa filles ’était fait renvoyée de l’école maternelle à cause de ses yeux » page 30
Clémence est folle de cette gamine et chaque caprice de l’enfant est pour elle un évènement inédit. C’est justement à cause de cette intimité qu’elles partagent qu’elle désespère lorsque la petite commence l’école car ça en était fini de leur tête-à-tête entre mère et fille.
En vérité, Clémence se sentait revivre en Plectrude et voyait en elle une chance de réaliser tout ce qu’elle-même n’avait pu réaliser ? C’est la raison pour laquelle elle fut heureuse lorsque la jeune fille intégra l’école des rats. Elle croyait vivre son propre rêve et inconsciemment elle soutenu Plectrude dans son anorexie. Peu importe le prix, elle voulait que la jeune fille devienne danseuse. Son désespoir fut grand lorsque le rêve prit fin. Elle en a voulu à la petite et se mit à lui témoigner de la haine. C’était plus de la déception.
L’image de la mère qui idolâtre, Amélie Nothomb la reprend plus tard dans son histoire Frappe toi le cœur. Dans ce roman, Marie voue une certaine indifférence à son ainée Diane et Idolâtre presque sa benjamine. Cet amour déterminera plus tard le devenir des enfants.
L’amour maternelle est donc facteur important pour l’épanouissement des enfants et semble être au cœur même de la vie de l’auteur car elle en parle avec beaucoup d’émotivité.
L’amitié
Plectrude est nulle en classe. Ce handicap lui vaut les moqueries de tous ses camarades et la haine de sa maitresse. Tous la considéraient comme le cancre de la classe. Elle se sentait seule et n’avait guère d’amie jusqu’à ce que Roselyne, une de ses camarades de l’école des ballets fut admises dans sa classe.
« Ebahie de bonheur d’être dans la classe de son idole, elle demanda l’autorisation de s’asseoir à côté de Plectrude … Plectrude représentait pour Roselyne l’idéal absolu. Elle passait des heures à contempler cette égérie inaccessible qui, par miracle, était devenue sa voisine à l’école. » Page 57-58. Témoin du traitement qui était infligé à son idole Roselyne lâcha.
« -Je les déteste.
Plectrude sut alors qu’elle avait une amie. »
Cette amitié changea sa vie. Elle n’était plus seule mais Clémence en fut un peu jalouse. La situation de Plectrude changea dès cet instant à l’école et les autres commencèrent à lui donner de l’importance.
L’amitié au-delà du mot est un cadeau. C’est un lien qui unit les hommes et leur apporte bien être et réconfort. C’est sans doute à ce propos que George Sand disait dans son ouvrage Teverino, « L’amitié au lieu d’amoindrir et de torturer comme l’amour, l’amitié ennoblit et purifie ».Et c’est justement ce que fit Roselyne à Plectrude, elle l’a rendit noble aux yeux de tous.
Le petit bémol de l’histoire
Amélie Nothomb est certes un grand auteur et Robert des noms propres dénote assez bien de la plume simple et gracieuse de l’auteur mais est loin d’être son meilleur livre. Le roman commence avec vigueur et pousse le lecteur à tourner sans cesse les pages et devient lassant vers la fin.
Plectrude décide de vivre le même destin que sa mère. Elle se marie enfante et ne réussit pas à tuer son époux. Elle décide alors de se jeter d’un pont et est sauvé par Mathieu Saladin un ancien camarade de classe dont elle a toujours été amoureuse. Ils se marient. Plus tard elle devient chanteuse et rencontre l’écrivain Amélie Nothomb qu’elle tue à la fin. Cela laisse le lecteur avec beaucoup d’interrogation. Que faisait réellement Amélie Nothomb dans l’histoire ? De plus le mobile du crime de Plectrude est complètement stupide. C’est à croire qu’Amélie Nothomb a un peu bâclé la fin de son histoire.
Mis à part cette fin peu intéressante. On dénote assez de ressemblance entre Robert des noms propres et Frappes toi le cœur. L’histoire de Lucette et de Mari se ressemble un peu. Elles sont jeunes, se marient trop tôt et deviennent mères trop vites. Certes Le premier roman cité a précédé le second mais c’est à croire que l’auteur manque un peu d’originalité.
Malgré tout cela, Robert des Noms propres restent cependant une histoire qui captive l’attention du lecteur. C’est un Amélie Nothomb digne de ce nom écrit avec soin et plein d’humour. Et comme l’auteur l’a elle-même dit à la quatrième de couverture, Robert des noms propres c’est « la vie de celle qui me donne la mort. ».

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